Comment Conquest, un gestionnaire de fonds infrastructure, automatise le placement de la trésorerie de ses participations
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Lors d'une cession d'entreprise, la trésorerie excédentaire est un élément central de la négociation. Elle influe sur la valorisation des titres, le financement du repreneur et la fiscalité du cédant. Dividendes, réduction de capital, apport-cession ou pacte Dutreil sont autant de mécanismes à étudier selon la situation du dirigeant.
Sur cette page, nous détaillons les différentes options disponibles, leurs conséquences fiscales et leur impact sur la valeur de l'entreprise.
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En comptabilité de trésorerie, la trésorerie excédentaire désigne les liquidités disponibles dans une entreprise au-delà de ses besoins normaux d’exploitation. Elle correspond à l’argent présent en banque, en caisse ou sur des placements à court terme qui n’est pas indispensable au financement du cycle d’exploitation, au paiement des fournisseurs ou au besoin en fonds de roulement.
Dans un contexte de vente d’entreprise, le calcul de cette trésorerie devient un élément clé de négociation. Deux situations se présentent :
Une trésorerie importante peut rassurer un repreneur sur la solidité financière. Mais elle peut aussi induire un effet trompeur sur la valorisation. En effet, la trésorerie peut augmenter mécaniquement le prix de cession car elle est ajoutée euro pour euro à la valeur des titres. Ainsi, l’acquéreur paie plus cher une entreprise sans que cela reflète une capacité supplémentaire à générer des revenus ou des flux de trésorerie futurs. Cette situation est susceptible de compliquer le financement de l'opération, les banques finançant plus difficilement la trésorerie que des actifs productifs.
Lorsqu’une entreprise s’apprête à être cédée, plusieurs stratégies sont envisageables pour gérer la trésorerie excédentaire.
La première option consiste à vendre l’entreprise avec sa trésorerie. Dans ce cas, les liquidités restent dans la société et sont intégrées dans la valorisation des titres. Cette solution peut être fiscalement pertinente pour le cédant, mais elle augmente mécaniquement le prix à financer pour le repreneur. Le repreneur se retrouve alors à financer des liquidités avec ses propres fonds, ce qui peut peser sur la rentabilité de l’opération dès le premier jour.
Pour contourner cette difficulté, il est possible de mettre en place un crédit-vendeur. Concrètement, le cédant accepte de différer le paiement d’une partie du prix correspondant à la trésorerie. Lors de la signature, le prix versé est diminué du montant équivalent à la trésorerie, puis cette somme est remboursée ultérieurement par l’acheteur selon un échéancier défini. Ce mécanisme facilite le financement et peut sécuriser la transaction, mais il suppose une analyse juridique et fiscale précise.
La deuxième option est la distribution de dividendes avant la cession. La société verse la trésorerie excédentaire aux associés. L’entreprise est ainsi vendue avec un niveau de liquidités plus cohérent avec son besoin en fonds de roulement.
Une troisième possibilité consiste à procéder à une réduction de capital non motivée par des pertes. Cette opération permet de restituer des fonds aux associés sans passer par une distribution classique de dividendes. Selon la situation du dirigeant, cette stratégie peut relever du régime des plus-values et bénéficier d’abattements pour durée de détention (voir l’article du Code de commerce sur Legifrance).
Il existe également une quatrième option souvent négligée, celle de solder le compte courant d’associé. Le compte courant représente une dette de la société envers son dirigeant ou ses associés. En le remboursant avant la cession, la trésorerie diminue mécaniquement. Cette solution est neutre fiscalement dans la plupart des cas puisqu’il s’agit du remboursement d’une créance. Il est aussi possible de céder ce compte courant dans le cadre du protocole de vente.
Enfin, la trésorerie peut être réinvestie dans l’entreprise, par exemple pour financer un projet, réduire une dette existante ou procéder à une opération de croissance externe. Cette stratégie peut améliorer la cohérence financière du dossier de cession.
Le traitement fiscal dépend directement de la stratégie retenue par le vendeur.
En cas de distribution de dividendes, les sommes perçues par le dirigeant sont soumises au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.
Il est possible d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Dans ce cas, les dividendes bénéficient d’un abattement de 40% pour l’impôt sur le revenu mais les prélèvements sociaux restent dus. Ce régime n’est intéressant que pour les contribuables faiblement imposés.
Lorsque la trésorerie est laissée dans la société et intégrée au prix de vente, elle est indirectement imposée au titre de la plus-value de cession des titres. Cette plus-value est soumise au PFU de 31,4 %. Le régime fiscal varie ensuite selon la situation du cédant.
Le cas général
En cas d'option pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu, les plus-values de cession peuvent bénéficier d'abattements pour durée de détention. Ces abattements, dits proportionnels car ils s'appliquent en pourcentage sur le montant de la plus-value, ne concernent toutefois que les titres acquis ou souscrits avant le 1er janvier 2018.
Deux niveaux d'abattement existent :
Pour les titres acquis à partir du 1er janvier 2018, aucun abattement proportionnel n'est applicable, que l'on opte pour le PFU ou le barème progressif.
Le cas d’un départ en retraite
Pour les dirigeants de PME partant à la retraite, un abattement fixe de 500 000 € reste applicable jusqu'au 31 décembre 2031, quel que soit le mode d'imposition choisi (PFU ou barème progressif).
À noter
Cet abattement fixe de 500 000 € n'est pas cumulable avec les abattements proportionnels pour durée de détention (ni l'abattement de droit commun, ni l'abattement renforcé). Le cédant doit donc choisir le mécanisme le plus avantageux selon sa situation.
Vous pouvez retrouver le détail de ces règles sur le site du gouvernement.
En amont du départ, la réduction de capital est une piste à explorer. Elle permet de récupérer une partie des fonds propres sans passer par une distribution de dividendes, et peut s'avérer plus avantageuse selon l'ancienneté des titres. Si les conditions d'éligibilité au régime des PME sont réunies et que les titres ont été acquis avant le 1er janvier 2018, les abattements renforcés évoqués ci-dessus s'appliquent et peuvent réduire significativement la charge fiscale par rapport au PFU de 31,4 %. Les prélèvements sociaux de 18,6% restent dus dans tous les cas.
Bon à savoir
En cas de réduction de capital précédant une cession, l'administration fiscale peut requalifier l'opération en abus de droit si elle est réalisée dans un but exclusivement fiscal. Un délai raisonnable entre les deux opérations est recommandé. Par ailleurs, l'option pour le barème progressif entraîne l'imposition de l'ensemble des revenus financiers du foyer, une simulation préalable avec un conseiller fiscal est vivement conseillée.
Au-delà de ces mécanismes, certains dirigeants anticipent la cession en ayant recours à l'apport-cession, régi par l'article 150-0 B ter du Code général des impôts. Le principe est le suivant : le dirigeant apporte ses titres à une holding qu'il contrôle, avant que celle-ci ne les cède. La plus-value est alors placée en report d'imposition, elle n'est pas effacée, mais différée dans le temps. Ce dispositif est particulièrement adapté aux dirigeants qui souhaitent réinvestir le produit de la vente plutôt que de l'encaisser directement. À noter toutefois que si la holding cède les titres dans les trois ans suivant l'apport, au moins 60 % du produit de cession doit être réinvesti dans des actifs éligibles pour maintenir le report.
Bon à savoir
L'apport-cession ne supprime pas l'imposition : il la reporte. En cas de transmission des titres de la holding à titre gratuit, le report peut toutefois être définitivement purgé sous certaines conditions. L'anticipation est donc clé.
Lorsque la transmission s'inscrit dans un cadre familial, le pacte Dutreil mérite une attention particulière. Il permet de bénéficier d'une exonération de 75 % sur la valeur des titres transmis, dans le cadre d'une donation ou d'une succession. Pour en bénéficier, les associés doivent s'engager collectivement à conserver les titres pendant au moins deux ans, puis individuellement pendant quatre ans supplémentaires. Le bénéficiaire doit en outre exercer une fonction de direction pendant trois ans après la transmission. Combiné à d'autres dispositifs, tels que les abattements en ligne directe, la réduction pour donation en pleine propriété avant 70 ans, le pacte Dutreil peut réduire très significativement la charge fiscale liée à la transmission.
Dans le cadre d’un crédit-vendeur, la fiscalité porte sur la plus-value au moment de la cession, même si le paiement est échelonné. Il convient donc d’anticiper l’impact de l’imposition immédiate sur une vente encaissée partiellement.
Le remboursement du compte courant d’associé correspond à la restitution d’une créance et n’entraîne pas d’imposition spécifique. En revanche, les intérêts éventuellement versés en rémunération du compte courant sont imposés comme des revenus de capitaux mobiliers, par défaut au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, ou sur option au barème progressif de l’impôt sur le revenu.
Chaque option doit donc être analysée en tenant compte du niveau de plus-value, de l’ancienneté des titres, de l’existence d’une holding, d’opérations antérieures d’apport, des objectifs de transmission et plus largement de la situation patrimoniale du dirigeant.
La trésorerie excédentaire influence directement la valorisation lors d’une cession. Dans une logique financière, la valeur d’entreprise correspond à la performance opérationnelle. La valeur des titres est ensuite ajustée en fonction de la dette et de la trésorerie nette. Une trésorerie importante augmente mécaniquement la valeur des titres.
Cependant, une trésorerie trop élevée peut susciter des interrogations. Elle peut révéler une sous-utilisation des ressources ou une absence d’investissement. Par ailleurs, les établissements bancaires qui financent l’acquisition peuvent se montrer prudents si le prix intègre des liquidités importantes.
La présence d’une trésorerie excédentaire peut donc soit renforcer la solidité du dossier, soit compliquer la négociation selon le contexte. En pratique, la trésorerie est considérée comme normale lorsqu'elle correspond aux besoins opérationnels de l’entreprise, soit environ 5 % à 10 % du chiffre d’affaires annuel ou un niveau cohérent avec le besoin en fonds de roulement.
Au-delà de ce seuil, elle est considérée comme excédentaire. Concrètement :
Dans ce cas, elle fait l’objet d’un ajustement systématique dans la valorisation, soit via un mécanisme de prix “cash-free debt-free”, soit par une extraction préalable avant la cession.
Les professionnels de la cession recommandent d’anticiper la gestion de la trésorerie plusieurs mois, voire un à deux ans avant la vente. Une anticipation suffisante permet d’optimiser la fiscalité et d’éviter des décisions précipitées.
Il est également conseillé de réaliser des simulations fiscales comparatives entre distribution de dividendes, réduction de capital et cession intégrant la trésorerie.
La cohérence financière du dossier doit être travaillée. Une trésorerie adaptée au besoin en fonds de roulement renforce la crédibilité de l’entreprise auprès des repreneurs et des banques.
Enfin, l’accompagnement par un expert-comptable, un avocat fiscaliste ou un conseil en fusion-acquisition est essentiel. Les enjeux fiscaux et patrimoniaux sont importants et peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros d’écart selon l’option retenue.
Un plan de trésorerie prévisionnel est un tableau qui recense, mois par mois, les encaissements et les décaissements futurs d’une entreprise. Il permet d’anticiper les variations de trésorerie sur une période donnée, généralement de 6 à 12 mois.
Cet outil aide le dirigeant à identifier les périodes de tension financière, à prévoir un besoin de financement ou, au contraire, un excédent temporaire à placer. Contrairement au compte de résultat, il ne raisonne pas en produits et charges, mais uniquement en flux réels de trésorerie.
La trésorerie apparaît aux deux endroits du bilan comptable.
À l’actif, on trouve la trésorerie active, composée des disponibilités immédiatement mobilisables comme les comptes bancaires créditeurs, la caisse ou les valeurs mobilières de placement.
Au passif, figure la trésorerie passive, qui correspond aux concours bancaires courants, découverts ou facilités de caisse. La position nette entre ces deux éléments permet de déterminer la trésorerie nette de l’entreprise.
La trésorerie active regroupe les liquidités disponibles immédiatement. Elle comprend les soldes bancaires positifs, les espèces en caisse et certains placements à court terme facilement convertibles en cash.
La trésorerie passive correspond aux financements bancaires de court terme. Il s’agit notamment des découverts, facilités de caisse ou échéances de dettes à très court terme.
La différence entre ces deux montants permet de calculer la trésorerie nette, indicateur clé de la situation financière immédiate.
En comptabilité, la trésorerie regroupe principalement :
Ces comptes appartiennent à la classe 5 du Plan Comptable Général pour les éléments d’actif et aux dettes financières à court terme pour la partie passive.
Non, les comptes courants d’associés ne constituent pas de la trésorerie active.
Ils représentent une dette de l’entreprise envers un associé lorsqu’ils sont créditeurs. Ils figurent donc au passif du bilan. Toutefois, lorsqu’un associé apporte des fonds en compte courant, cela améliore temporairement la trésorerie disponible de l’entreprise.
Il est donc important de distinguer la trésorerie réellement détenue des financements internes accordés par les associés.
La trésorerie correspond aux liquidités disponibles immédiatement.
Le fonds de roulement (FR) représente l'excédent des ressources stables (capitaux propres + dettes à long terme) sur les emplois durables (actif immobilisé). Il mesure la capacité de l'entreprise à financer son cycle d'exploitation à partir de ressources pérennes.
FR = Capitaux permanents − Actif immobilisé
Le besoin en fonds de roulement (BFR) correspond au décalage entre les encaissements clients et les paiements fournisseurs. Il mesure les besoins liés à l’exploitation.
BFR = Stocks + Créances clients − Dettes fournisseurs
Une trésorerie positive signifie que les ressources stables couvrent les besoins d’exploitation. Une trésorerie négative traduit un déséquilibre à court terme.
Trésorerie nette = Fonds de roulement − Besoin en fonds de roulement
Un résultat positif signifie que l’entreprise est rentable sur le plan comptable. Cependant, la trésorerie peut être négative en raison d’un décalage de paiement.
Par exemple, si les clients paient tardivement alors que les fournisseurs sont réglés rapidement, l’entreprise peut dégager un bénéfice mais manquer de liquidités.
Une forte croissance peut également générer un besoin en fonds de roulement important, ce qui pèse temporairement sur la trésorerie.
Oui. Une entreprise peut disposer d’une trésorerie comptable positive mais ne pas avoir de liquidités immédiatement mobilisables.
Cela peut se produire lorsque les fonds sont placés sur des supports à court terme non immédiatement disponibles, comme certains placements financiers ou comptes à terme.
Dans ce cas, la trésorerie existe au bilan, mais elle n’est pas totalement mobilisable à court terme sans délai ou pénalité.
En résumé
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