| Date de publication | Dernière modification | Temps de lecture |
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| 22 octobre 2026 | 22 octobre 2026 | 12 minutes |
Un réflexe des dirigeants et des responsables financiers est de privilégier des placements sans risque, souvent qualifiés de « capital garanti » pour la trésorerie à court terme.
Quels sont les placements à privilégier ? Que faut-il penser des autres placements ? On vous présente les 5 solutions à capital garanti, des alternatives à explorer et des explications sur la notion de sécurité.
Sommaire
Qu’est-ce qu’un placement de trésorerie à capital garanti ?
Les meilleurs placements de trésorerie d’entreprise à capital garanti
Mieux comprendre la notion de capital garanti
Un placement sans capital garanti est-il risqué ?
Quelle fiscalité s’applique sur un placement à capital garanti ?
Est-ce que les entreprises doivent absolument chercher le capital garanti ?
La FAQ du placement de trésorerie à capital garanti
Qu'est-ce qu'un placement de trésorerie à capital garanti ?
Lorsque vous souscrivez à un placement à capital garanti, la banque ou la société de gestion s’engage contractuellement à vous restituer l’intégralité du capital initial à l’échéance. Cependant, aucun placement n’est réellement sans risque : c’est toujours une banque, un assureur ou un fonds de dotation qui portent cette garantie.
Plusieurs placements de trésorerie d’entreprise proposent la garantie du capital, souvent sur des supports à court terme. C’est le cas par exemple du compte à terme (CAT), qu’on détaille plus bas dans l’article. Concrètement, à la signature du CAT auprès d’une banque, vous immobilisez une somme d’argent pour une durée déterminée. Peu importe l’évolution des conditions de marché, à l’échéance du compte à terme, vous récupérez le capital initial et les intérêts cumulés.
La liste des placements de trésorerie d'entreprise à capital garanti
Cinq types de placements disposent de la garantie du capital. Ce comparatif vous donne de la visibilité sur les produits privilégiés en France pour répondre à ce besoin.
On vous récapitule ci-dessous les informations à retenir, avant de détailler chaque placement un par un.
| Placement | Type | Horizon | Liquidité | Rendement net de frais | Minimum | Risque de marché | Risque de défaut |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Compte à terme (CAT) | Bancaire | 1 mois à 5 ans | Bloquée jusqu’à l’échéance (sortie anticipée) | 2,90 % pour un CAT 1 an jusqu’à 3,60 % pour un CAT 5 ans | 1 000 € à 10 000 € | Aucun | Banque |
| Compte pro rémunéré | Bancaire | Immédiat | Immédiate | 0,5 % à 2,25 %, plafonné | 1 € | Aucun | Banque |
| Livret professionnel | Bancaire | Moins d’un an | Immédiate | 0,1 % à 1 % | 10 € | Aucun | Banque |
| Fonds en euros (contrat de capitalisation) | Financier | 2 à 5 ans | Quelques jours à quelques semaines (délai légal : 2 mois) | 2 % à 3 %, hors frais d’entrée | Variable selon le contrat | Aucun | Assureur |
| Produits structurés | Financier | 2 à 10 ans | Bloquée jusqu’à l’échéance (sortie anticipée au prix du marché) | 2 % à 6 % | 1 000 € | Aucun à l’échéance | Émetteur du titre |
Données actualisées au 6 octobre 2026.
Compte à terme
Le compte à terme (CAT) est un placement à capital garanti, qui immobilise les fonds sur une durée déterminée en échange d’intérêts. Il existe des CAT à taux fixe et à taux progressif, mais ce sont ceux à taux fixe qui dominent le marché.
Les CAT sont proposés uniquement par des banques, ce qui signifie que la garantie des dépôts à hauteur de 100 000 € par client et par établissement s’applique.
Bien que le compte à terme soit un standard de marché, c’est un placement qui demande une rigueur dans la prévision du besoin de trésorerie. Toute somme placée sur un CAT est immobilisée jusqu’à échéance pour bénéficier du taux d’intérêt contractuel. Le montant minimum à placer varie selon les banques, souvent entre 1 000 € et 10 000 €.
Il est possible de le clôturer par anticipation, avec un préavis généralement fixé à 32 jours minimum. Une décote partielle ou totale est alors appliquée à la sortie. La décote ne concerne que les intérêts, pas le capital.
Compte pro rémunéré
Le compte pro rémunéré est un compte bancaire qui dispose des services classiques attendus par les professionnels (carte bancaire, virement SEPA, chéquier, etc.) en plus d’une rémunération du solde du compte. C’est un produit bancaire qui dispose de la garantie des dépôts à hauteur de 100 000 €.
La rémunération moyenne du compte pro est de 0,5 % à 2,25 % par an, mais des conditions s’appliquent :
Un forfait mensuel est associé à la tenue du compte bancaire. Des paliers de rémunération existent en fonction du forfait payé.
Le solde rémunéré est plafonné, souvent jusqu’à 200 000 € par mois.
🤔 Est-ce possible de rémunérer un compte bancaire ?
Le fait de rémunérer ou non un compte courant est un choix commercial des banques. Les banques traditionnelles rémunèrent via des comptes à terme (CAT) pour bloquer la trésorerie et soutenir leurs activités commerciales.
Ce sont les néo-banques qui commercialisent le plus souvent les comptes rémunérés, en acceptant de partager avec vous une partie des revenus générés avec votre capital.
Livret d’épargne professionnel
Le livret d’épargne professionnel est un placement bancaire qui laisse le capital disponible à tout moment, instantanément. En revanche, c’est le produit le moins rémunérateur de ce classement, entre 0,1 % et 1 % en 2026. Il dispose aussi de la garantie des dépôts à hauteur de 100 000 €.
Les banques emploient plusieurs dénominations pour désigner ces placements : le compte excédent professionnel, le compte épargne pro ou encore « Livret A professionnel ». Cette dernière appellation relève uniquement du marketing : elle fait référence au produit d’épargne réglementé des particuliers, auquel la plupart des entreprises n’ont pas accès.
Dans les faits, le livret d’épargne professionnel n’a pas de réels avantages face aux autres placements à capital garanti. Vous avez tout intérêt à privilégier un compte à terme (CAT), un compte pro rémunéré ou un placement financier à faible risque.
Fonds en euros (contrat de capitalisation)
Le contrat de capitalisation est une enveloppe souscrite auprès d’un assureur, qui peut détenir un ou plusieurs placements. C’est l’équivalent de l’assurance-vie pour les personnes morales. Toute personne morale peut y souscrire. En pratique, il concerne surtout les holdings patrimoniales, les SCI et les organismes à but non lucratif.
À l'intérieur de l'enveloppe, le fonds en euros est le seul support qui garantit le capital. Il est principalement investi en obligations d’État et d’entreprises à long terme, ce qui explique que son rendement évolue lentement par rapport aux taux du marché. En 2025, les fonds en euros ont servi 2,6 % en moyenne, nets de frais de gestion (source : ACPR).
Les fonds en euros ne sont pas les seuls placements éligibles au contrat de capitalisation, vous pouvez aussi souscrire à des unités de compte (UC). Attention, ces derniers exposent à une perte en capital, et n’ont rien à voir avec les fonds en euros.
💡 Une couverture à hauteur de 70 000 € par souscripteur et assureur
En tant qu’enveloppe détenue par un assureur, le contrat de capitalisation est couvert par le FGAP (Fonds de garantie des assurances de personnes) à hauteur de 70 000 € par souscripteur et par assureur. La garantie du capital s’applique sous conditions : selon les contrats, elle peut être brute ou nette des frais de gestion.
Produit structuré
Un produit structuré à capital garanti est un titre de créance émis par un établissement financier, généralement au format EMTN (Euro Medium Term Note en anglais). Il repose sur deux mécaniques :
Une obligation zéro coupon, achetée en dessous de son prix de remboursement et qui reconstitue 100 % du capital à l’échéance.
Une option sur un sous-jacent, financée par l’écart entre la trésorerie initiale et le prix de l’obligation. On l’appelle composante optionnelle, elle a pour objectif de générer un rendement complémentaire.
Notez que tous les produits structurés ne proposent pas de garantie du capital. Lorsque c’est le cas, la condition pour en bénéficier est de ne pas sortir la trésorerie avant l’échéance. Autrement, vous revendez vos titres au prix du marché, ce qui inclut un risque de perte en capital.
Alternatives : les placements financiers à court terme
Plusieurs placements financiers existent spécifiquement pour la gestion de trésorerie à court terme. Sans garantie du capital, ils présentent un faible niveau de risque, noté 1 / 7 sur l’échelle de l’indicateur SRI (Summary Risk Indicator en anglais).
C’est le cas des fonds monétaires ou de Spiko Euro, un produit au rendement indexé et pensé pour faciliter le dépôt et le retrait de trésorerie. Son rendement annuel de 2,84 % net de frais, versé par la contrepartie bancaire BNP Paribas. Spiko Euro est d’ailleurs noté AAAf par S&P Global Ratings, la meilleure note de qualité de crédit, qui mesure le niveau de protection de votre argent contre les pertes liées à un défaut de paiement.
Les intérêts sont calculés chaque jour, et la trésorerie reste disponible à J+1, ou instantanément jusqu’à 500 000 € par jour. Plus de 5 500 entreprises françaises l’utilisent déjà, en complément ou en remplacement de comptes à terme inférieurs à 1 an.
🤔 Pourquoi opter pour des placements financiers ?
Se servir de placements financiers peu risqués pour la trésorerie est un axe de diversification pour les entreprises. Diversifier limite l’exposition à un acteur unique, limite le risque de défaut et préserve votre marge de négociation de négociation face aux banques.
Mieux comprendre la notion de capital garanti
Deux mécanismes juridiques font la valeur d'une garantie en capital : l'engagement de bilan pris par l'établissement qui garantit (au sens comptable) et le statut de votre trésorerie une fois qu'elle est déposée.
Les structures qui peuvent garantir le capital
Une garantie en capital suppose toujours un engagement de bilan comptable. Quelqu'un doit inscrire à son passif la promesse de vous rendre votre argent.
Trois familles d'acteurs peuvent s'engager :
Un établissement bancaire, via un compte à terme (CAT), un compte pro rémunéré ou un livret professionnel.
Un assureur, via un contrat de capitalisation pour personne morale.
Un émetteur de titres de créance, via la souscription à un produit structuré.
Les fonds proposés par des sociétés de gestion peuvent bénéficier d’une garantie de capital apportée par un acteur tiers. Dans les faits, la garantie du capital existe car l’établissement porte le risque à votre place. Ce transfert de risque a un coût : une légère baisse du taux d’intérêt du placement.
Le capital garanti ne signifie pas « aucun risque »
La notion de capital garanti ne s’applique plus si l’établissement concerné est déclaré en état de faillite. C’est ce que l’on appelle le risque de défaut.
Si cela arrive, tout le capital n’est pas perdu : il existe en France la garantie des dépôts, qui couvre 100 000 € de trésorerie par client et par établissement bancaire (source : FGDR). Cette règle n’est pas exclusive à la France, c’est la directive européenne 2014/49/UE qui impose à tout pays membre de l’Union européenne (UE) d’appliquer une garantie des dépôts.
Prenons un exemple. Alice, directrice financière d’une PME industrielle, possède plusieurs comptes à terme (CAT) dans des banques pour un total de 300 000 € de capital :
250 000 € dans la banque A, échelonnés sur cinq CAT de 50 000 €.
50 000 € dans la banque B, sur un seul CAT de 50 000 €.
Le cas suivant se présente : les deux banques font faillite. Avec la garantie des dépôts, Alice peut récupérer jusqu’à 100 000 € de capital par établissement bancaire. Elle récupère 100 000 € de la banque A, et 50 000 € de la banque B.
🤔 Et au-delà de la FGDR ?
Au-delà de cette limite de garantie des dépôts, tout le capital en banque est soumis au risque de défaut de l’établissement en question. En 2013 par exemple, les déposants de la plus grande banque chypriote (Bank of Cyprus) ont vu près de la moitié (47,5 %) de leur épargne au-delà des 100 000 euros garantis convertie en actions de la banque (source : Retail Banker International). La banque a utilisé ce mécanisme pour sortir de son état de faillite.
Un placement sans capital garanti est-il risqué ?
Il existe une notion de risque, applicable à tous les placements financiers, qui est plus ou moins importante selon la nature du placement. On ne devrait pas dire qu’un « placement est risqué », mais que « tout placement comporte un niveau de risque ».
Le niveau de risque pour les placements financiers
Pour les placements financiers, le niveau de risque s’évalue par l’échelle SRI (Synthetic Risk Indicator). C’est une notation, de 1 à 7, qui prend en compte deux types de risques :
Le risque de marché : c’est la possibilité de perdre de l'argent à cause des variations de prix sur les marchés (actions, devises, taux, etc.).
Le risque de crédit : c’est le danger qu'un emprunteur ne rembourse pas sa dette. Par exemple, lorsqu’un État ou une entreprise ne peut plus rembourser des obligations qu’il a émises.
Toutes ces informations se retrouvent dans le document d’informations clés (DIC), obligatoire pour les OPCVM et les produits d’investissement.
Ainsi, certains placements sont parfaitement adaptés aux entreprises, comme les fonds monétaires, les fonds obligataires ou encore des OPCVM avec des mécaniques spécifiques. Ces placements doivent présenter un niveau de risque de 1 / 7 pour convenir à la trésorerie à court terme.
🏦 Le rôle des agences de notation
Les agences de notation (S&P, Moody’s, Fitch) notent des États, des banques, des fonds et d’autres titres de dettes en évaluant la capacité de remboursement de l’émetteur, une mesure du risque.
La notation est un critère supplémentaire pour qualifier ou disqualifier un placement. Le meilleure note est AAA (risque minimal), contre D (défaut de paiement) pour la pire note. Les fonds notés AAA comme Spiko Euro sont à privilégier pour sécuriser la trésorerie à court terme.
Une autre forme de protection face à la défaillance
Dans un fonds, votre trésorerie n'entre au bilan de personne. Vous détenez des parts d'un fonds qui détient des actifs divers, et une banque dépositaire (Custodian bank en anglais) conserve ces titres. Voyez la banque dépositaire comme le coffre-fort virtuel du fonds : elle garde les actifs, et elle est juridiquement distincte de la société de gestion qui les gère.
Cette explication vous montre que plusieurs acteurs interviennent sur la chaîne de valeur d’un placement financier. Chaque acteur supporte aussi un risque de défaillance, qui se traduit de différentes manières :
Faillite de la société de gestion : l'Autorité des marchés financiers (AMF) transfère la gestion du fonds à un concurrent ou ordonne sa liquidation pour restituer le capital.
Faillite de la banque dépositaire : les titres sont transférés vers une autre banque dépositaire.
Faillite de l’émetteur du sous-jacent : le risque de crédit s’applique pleinement, la valeur du titre peut tomber à zéro.
Quelle fiscalité s’applique sur un placement à capital garanti ?
La fiscalité dépend directement du régime fiscal de votre entreprise. Il existe deux scénarios :
Pour une micro-entreprise soumise à l’impôt sur le revenu (IR) : le prélèvement forfaitaire unique (PFU) s’applique à hauteur de 31,4 % sur les bénéfices du placement de trésorerie. Cela correspond à 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (source : Service Public).
Pour les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés (IS) : les bénéfices s’ajoutent au résultat imposable de l’entreprise, et sont imposés au taux standard de 25 %. À noter qu’un taux réduit de 15 % s’applique, sous conditions, jusqu’à 42 500 € de bénéfice (source : BOFIP).
Les intérêts courus et acquis sont fiscalisés, même si le capital reste bloqué sur un compte à terme ou un produit structuré.
Est-ce que les entreprises doivent absolument chercher le capital garanti ?
Non, ce n’est pas un prérequis absolu. On comprend parfaitement pourquoi la garantie du capital rassure, et si c’est important pour vous, continuez à le privilégier. Cependant, il existe des placements financiers qui proposent des conditions intéressantes (rémunération, liquidité) avec un niveau de risque faible, parfaitement adapté à la gestion de trésorerie.
Peu importe votre choix, l’essentiel dans un placement à court terme, c’est de privilégier :
La préservation du capital, sur un placement qui présente un faible risque de volatilité.
La liquidité réelle, avec la possibilité d’accéder au capital sans qu’il soit immobilisé, ou avec une durée acceptable pour l’entreprise.
La diversité et/ou la qualité du sous-jacent, comprendre à quoi correspond le placement et vous sécuriser au mieux contre les risques de contreparties, de défaillance ou autre.
La FAQ du placement de trésorerie à capital garanti
Quelle différence entre le capital garanti et le capital protégé ?
Le capital garanti engage l'émetteur (la banque ou l'assurance) à rembourser 100 % du capital placé à l'échéance. À l’inverse, le capital protégé ne couvre qu'une partie du montant, ou ne joue que tant qu'un seuil de baisse n'est pas franchi. Au-delà, c’est vous qui subissez la perte.
Un compte à terme protège-t-il mieux le capital qu'un produit financier ?
Le compte à terme (CAT) propose une garantie du capital qui couvre le risque de marché, ce qui n’est pas le cas d’un placement financier. Le risque de marché, c’est-à-dire la volatilité du capital, est mesuré par l’échelle SRI. Un niveau faible de 1/7 est parfaitement adapté à la trésorerie à court terme.
Que se passe-t-il si la banque fait faillite ?
Le risque de contrepartie, ou le risque de défaut, correspond au moment où la banque n’est plus en capacité de rembourser ses créanciers. Avec un placement bancaire, votre argent est un dépôt inscrit au bilan de l’établissement, ce qui fait de vous un créancier. En cas de faillite, la garantie des dépôts à hauteur de 100 000 € par client et par établissement s’applique. Au-delà, vous vous exposez à une perte de capital.
Sources
Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) - La garantie des dépôts : plafond de 100 000 € par déposant et par établissement - Vérifié en juillet 2026
L’Observatoire des Produits Structurés - Produits structurés à capital garanti - Juin 2025
Retail Banker International - Bank of Cyprus customers offload stake to trim losses - Juillet 2014
Auteur : Patrick Garnier
